Que vaut le tome 1 de Blacksad ?

Un bijou livresque

Nous avons longtemps entendu parler de la série de bande dessinée “Blacksad” comme étant l’une des plus réussies, emblématiques et cultes de son époque. Une série d’ailleurs toujours en cours qui annule de ce fait mon propos, puisque c’est bel et bien une série culte actuelle. Alors, par quoi commencer, si ce n’est par ses auteurs. Espagnols et passionnés par la bande dessinée, les deux hommes se rencontrent pour la première fois au début des années 1990 dans un studio d’animation, pour ne plus se quitter par la suite. Juanjo Guarnido réside depuis longtemps maintenant à Paris, travaillant pour les studios d’animations Disney, tandis que Juan Diaz Canales vit toujours en Espagne.

Présentations (rapides) ainsi faites, passons maintenant aux choses sérieuses. Le premier tome de Blacksad nous plonge dans les années 1950 et ses années noires, son style polar et son lot d’enquêtes mystérieuses. Blacksad raconte l’histoire, la vie, les péripéties et diverses enquêtes du détective John Blacksad, un loup — ici un chat, pour notre plus grand plaisir — solitaire. Chargé d’enquêter sur un meurtre, il découvre que le cadavre qui gît sur le lit est celui d’un ancien amour, Natalia Wilford, une actrice célèbre. Piqué à vif, commence alors un puzzle rempli d’énigmes et d’indices, nous plongeant par la même occasion dans un univers atypique mais passionnant.

Couverture intérieure Blacksad

Récit, illustrations, tout est réussi !

Le récit oscille entre les dialogues directs des différents personnages de l’histoire et la voix off, celle du personnage principal. En ce qui concerne cette dite voix off, elle nous livre les pensées du détective, sur l’affaire en cours mais aussi sur ses souvenirs, ce qui par conséquent nous donne la possibilité de s’immiscer un peu plus dans l’intimité du protagoniste mais aussi de comprendre les relations qu’il entretient avec les différents personnages de l’intrigue. C’est ainsi que cette même intrigue avance, en nous permettant de déchiffrer certains indices en même temps que le détective. Les dialogues sont quant à eux concis, parfois drôles et touchants. Une narration qui plus est fluide facilite la lecture, pour un premier tome qui avoisine les cinquante pages, autant vous dire que vous l’aurez terminé en très peu de temps.

Extrait bande dessinée blacksad

Pour sa part, le dessin est d’une richesse sans pareille. Graphiquement, les illustrations qu’on pourrait qualifier de réalistes ou semi-réalistes, même lorsqu’il s’agit d’animaux comme personnages principaux. Les dessins sont tout simplement beaux, et les couleurs dominantes comme le marron, le noir, le gris ou le beige “collent” à la perfection au genre polar, au style et à l’ambiance “noir” des années 50. Autrement dit, un vrai régal pour les yeux.

Un univers singulier

La particularité de Blacksad se trouve bien évidemment dans son univers, se situant dans un monde “réaliste” à l’atmosphère si reconnaissable des années 1950 aux États-Unis, mais les personnages sont quant à eux … des animaux. Une enquête policière comme intrigue, avec comme personnage principal un chat noir, fantastique idée. La tâche peut sembler difficile, car avant tout il faut que ça ait du sens. Mélanger ainsi l’univers animal et humain est un pari réussi, en faire un monde cohérent, vraisemblable et pertinent, doublement réussi. La magie opère, ça nous paraît tout bonnement normal. De plus, des animaux anthropomorphes comme personnages me fait indubitablement penser aux dieux égyptiens ou mayas et leurs combinaisons homme/animal, un “concept” déjà connu de tous donc, et parfaitement utilisé ici avec Blacksad.

Bref, vous l’aurez compris, Blacksad est un chef d’œuvre de la bande dessinée, couronné à maintes reprises par de nombreux prix et distinctions. N’hésitez pas, vous ne serez pas déçu!

Related posts

Leave a Comment